Participation à des évènements scientifiques

Le projet CAPS'UL (CAmpus Participatif en Santé numérique du site Universitaire de Lille) : objectifs, enjeux et questionnements
Marie Berthoud, Hélène Toulgoat, Tom Duquenoy-Battel, Aurélie Dupré et Vincent Sobanski

La stratégie d'accélération “Santé numérique” du plan France 2030 vise à généraliser et homogénéiser les formations au numérique pour l’ensemble des professionnels de santé. Il est attendu d’intégrer des modules concernant ces enjeux dans les cursus universitaires à partir de septembre 2024. Les universités sont ainsi invitées à développer et/ou à mutualiser des ressources pédagogiques en ligne à destination des étudiants et des formateurs. 

L’objectif de notre communication est de présenter le projet CAPS’UL, lauréat de l’appel à manifestation d’intérêt “Compétences et Métiers d’Avenir”, et mené depuis janvier 2023 par un consortium associant l’Université de Lille, le CHU de Lille, l’INRIA et Centrale Lille. Une première partie sera dédiée à la présentation de notre organisation et la répartition des moyens mobilisés pour ce projet.

Nous présenterons dans une seconde partie deux objectifs majeurs de ce projet. Le premier vise à accompagner les enseignants dans cette transition pédagogique et aider à traduire les directives gouvernementales, afin d’homogénéiser les formations en santé numérique tout en adaptant les ressources selon les filières. Le second objectif vise à mettre à disposition des ressources pédagogiques numériques. Cette partie présentera la méthodologie de CAPS’UL ainsi que les premiers résultats liés à ce double objectif principal : former par et pour le numérique en santé.

Enfin, une troisième partie propose de revenir sur les difficultés à lier d’une part les cadres de gouvernance visant à homogénéiser les enseignements et d’autre part les spécificités des territoires et des exercices professionnels futurs des étudiants des différentes filières.

La nouvelle formation au numérique en santé : entre injonctions et réappropriations
Marie Berthoud, Hélène Toulgoat, Tom Duquenoy-Battel, Alison Capon, Vincent Sobanski et Aurélie Dupré

Dans le cadre d’un grand plan du numérique en santé à l’horizon 2030, le gouvernement annonçait en 2022 de nouvelles mesures concernant la formation au numérique en santé des étudiants en santé. Dans ce contexte, une réorganisation des enseignements dans les filières de santé a été amorcée depuis 2022, impliquant notamment la création d’heures d’enseignements dédiées à la « santé numérique » ; un agencement de ces enseignements autour d’un référentiel de domaines de compétences et de connaissances ainsi que la mise en œuvre d’évaluations de la part des structures de formation.

Si jusqu’à maintenant les formateurs abordaient de façon transversale les outils informatiques et numériques avec leurs étudiants, ces mesures gouvernementales imposent une réorganisation des enseignements et des formations. Elles peuvent être alors considérées comme un ensemble d’injonctions accompagnées d’un référentiel qui visent à instituer des normes ainsi que des modalités d’application.

Notre communication s’inscrit dans le cadre du projet CAPS’UL, lauréat de l’appel à manifestation d’intérêt « Compétences et Métiers d’Avenir », et mené depuis janvier 2023 par un consortium associant l’Université de Lille, le CHU de Lille, l’INRIA et Centrale Lille.

Une première partie de notre communication propose de revenir sur ces normes qu’impliquent les mesures gouvernementales. Une des pistes que nous souhaitons aborder est la façon dont le « numérique » semble être défini principalement autour de la notion de risque dont il s’agirait d’apprendre à maîtriser les dangers (Cordier, 2017). Pour cette partie, nous nous appuyons d’une part sur les résultats d’un état de l’art à partir de la littérature scientifique et, d’autre part, sur les premiers résultats d’enquêtes menées auprès de la communauté enseignante et étudiantes en santé ces derniers mois. 

Une seconde partie propose d’interroger la façon dont ces injonctions sont réappropriées de la part des acteurs locaux. En effet, le référentiel donne un axe général aux formateurs et vise à homogénéiser les enseignements au numérique sur le territoire. Cependant, ces « compétences et connaissances » génériques ne sont pas toujours adaptées à la variété des filières de santé, des structures de formation ni des moyens humains et matériels dont elles disposent. Notre projet consiste précisément à accompagner les professionnels de la formation dans la traduction et l’adaptation de ces injonctions. Il nous parait intéressant de réfléchir à la notion d’injonctions en distinguant le curriculum prescrit et normé par les injonctions ministérielles, le curriculum formel listant les tâches à effectuer et le curriculum réel, ensemble d’interprétations et adaptations des injonctions de la part des enseignants (Persch, Soulairol, 2019).