Entretiens et observations

Pour explorer les représentations, expériences et attitudes des étudiants concernant la formation au numérique en santé, nous avons tenu à mener une enquête exploratoire par entretiens semi-directifs auprès d'étudiants rencontrés sur le terrain.

Premiers résultats

Une hétérogénéité des niveaux de compétences chez les étudiants :
L’hétérogénéité des niveaux de compétences numériques chez les étudiants a été observée et décrite par les étudiants eux-mêmes. Cette disparité dépend de plusieurs facteurs :

  • Les cursus suivis et la littératie numérique préalable des étudiants.
  • Le niveau de littératie numérique acquis avant l’entrée à l’université. Les étudiants ayant bénéficié d’un environnement favorable à l’apprentissage numérique (accès précoce aux technologies, formation au lycée, environnement familial technophile) tendent à avoir un avantage. Ces compétences varient d’un étudiant à un autre.
     

Une absence de données quantifiées :

  • Il est très difficile pour les étudiants de mesurer leurs niveaux de compétence face aux outils numériques. Il n’y a pas d’évaluations sur ce sujet et les retours de stage ne prennent pas en compte l’usage des outils numériques.
  • La façon dont ils s’évaluent eux-mêmes montre une certaine méconnaissance de leurs propres compétences, de celles des autres et de ce qui serait important d’acquérir pour leur profession.
     

Des savoirs oubliés / un apprentissage sur le terrain : 

  • Les étudiants font souvent référence à des enseignements qu’ils ont reçus, mais dont ils gardent peu de souvenirs. Ils l’expliquent souvent par un manque de pratique immédiat de ces savoirs.
  • Les étudiants réapprennent ces « savoirs oubliés » lors de leurs stages, par observation, mimétisme se font aider par leurs pairs.
     

Des pratiques d’adaptation individuelles et collectives :

  • Face à certaines difficultés, les étudiants trouvent des astuces individuelles et collectives :
     

Une hétérogénéité des outils et logiciels utilisés par les institutions, des compétences adaptées :

  • Les étudiants relèvent qu’entre leurs formations et leurs différents lieux de stage, ils rencontrent des outils numériques variés, des logiciels différents qu’il s’agit pour eux d’apprendre à maîtriser à chaque fois.
  • Cependant, les modalités d’usages entre différents outils semblent parfois suffisamment similaires pour que les étudiants ayant appris avec l’un des outils puissent se familiariser facilement avec un autre.

Une représentation très floue de ce que sera la formation au numérique

Les étudiants se demandent quelles seront les formes d’évaluations qu’ils auront, les modalités d’organisation de cette formation ainsi que les savoirs qui leur seront transmis indiquant ainsi qu’ils n’ont qu’une représentation assez floue de ce que peut être la formation au numérique en santé. En revanche, après le prétest du questionnaire par lequel ils visualisent les compétences qui peuvent leur être demandées, les étudiants indiquent qu’ils n’avaient pas mesuré tout ce que le numérique pouvait impliquer.
 

Une formation perçue comme secondaire, mais relevant de besoins jugés essentiels dans les pratiques professionnelles

  • D’une manière qui peut paraître contradictoire, les étudiants perçoivent la formation au numérique comme relavant d’enjeux mineurs par rapport aux autres enseignements, qui n’est pas directement en lien avec leur futur métier et dont ils ne relèvent pas de caractère urgent.
  • Cependant, lors de nos entretiens, chacun voit le caractère potentiellement problématique de ne pas savoir utiliser les outils numériques, relevant ainsi l’importance de savoir maîtriser ces outils.
     

La difficulté entre une hétérogénéité de ressources (humaines, matérielles et financières) face à une volonté d’homogénéiser les formations

  • Les étudiants interrogés perçoivent la complexité d’une homogénéisation des formations au numérique face à la diversité, notamment des filières.
  • Mais c’est également face à la diversité des moyens humains et matériels que les étudiants identifient les éventuelles problématiques.

Des logiciels non adaptés, des contraintes bureaucratiques

  • Les étudiants relèvent que selon eux, les outils numériques sont plus contraignants qu’ils n’offrent réellement d’avantage dans le suivi des patients.
     

Des dispositifs numériques jugés comme aides et outils facilitant la «communication entre les équipes» et «la coordination entre professionnels»

  • En revanche, les communications d’informations succinctes et demandes ciblées entre équipes et entre services semblent améliorées dans les discours qu’ont les étudiants.
     

Des outils qui génèrent du stress chez des étudiants

  • Enfin, les étudiants indiquent que les outils numériques génèrent parfois du stress lié à la crainte de faire une erreur.
  • Ce stress peut être aussi lié au dispositif lui-même.